Le projet « circinatio » à été présenté sur le séminaire d’ARS FLORUM à Surlemont le 5 mai 2007. Nous y avons montrés les photos, le livre et un court métrage (présenté en avant première) que nous avons réalisés autours de notre intervention originelle dans l’estuaire du zwin, à Cadzand sur la côte hollandaise de la mer du nord. Des cercles ont été tracés sur la plage au retrait des eaux et ont été repris, effacés par la mer à la marée montante. La nature éphémère de l’intervention artistique est une composante essentielle du projet : totalement en symbiose avec les éléments: la mer, l’espace et le temps. En travaillant avec le temps nous dessinons une moderne « vanitas », la fugacité de notre intervention nous renvoyant à notre propre temporalité humaine.
En traçant ces cercles nous traçons les fondations de notre propre monde, à la recherche de nos racines. C’est beaucoup plus qu’une simple intervention artistique, l’oeuvre en elle-même n’est pas importante, c’est le travail fait ensemble et la méditation qu’il appelle qui construisent un espace palpable et infini. Les cercles ne sont pas crées pour l’histoire, mais écrivent une histoire, celle de notre relation entre artistes et celle de notre relation au monde. Toutes nos recherches, nos questions ne nous servent pas à présenter un projet aboutit et achevé, mais juste à dessiner une route que nous avons commencés ensemble, et que nous avons commencé à partager avec les participants du séminaire d’ARS FLORUM. Le temps et les distances sont abolis, Surlemont (ou nous avons fait la présentation officielle de « circinatio ») et Cadzand (qui est le lieu ou nous avons concrétisé pour la première fois notre projet) ne sont plus à des kilomètres l’un de l’autre puisque nous y partageons les mêmes sentiments
L’intervention à Surlemont
Pendant la présentation du projet « circinatio », un petit cercle blanc en sable, a été tracé à l’extérieur des bâtiments; il s’est inscrit dans un grand cercle révélé par les hauteurs du gazon. Le grand cercle dont on ne perçoit qu’un fragment est alors devenu visible : pourtant il était déjà là plusieurs jours avant le début du séminaire. Grâce à ce petit cercle, le grand apparaît : les choses deviennent visibles. Les participants, sans le savoir ont pénétrés dans notrecercle,notreunivers, aussi bien spatial que temporel, et peuvent désormais en percevoir la globalité, ils sont entrés dans une autre dimension et font partie de la totalité du projet « Circinatio ».
Les workshops
Au cours de ce séminaire nous avons animés des workshops autours de notre projet « circinatio », dont nous présentons ici quelques photos.
Ces workshops se conçoivent comme de nouvelles pièces, assemblées par les participants du séminaire dans la globalité de notre projet.
Nous avons travaillé à l’intérieur, avec du sable rapporté, pour tracer au sol des fragments de cercle : c’est un écho et un prolongement des cercles qui ont été dessinés sur la plage de Cadzand. Le matériau utilisé, ainsi que les frontières de cet espace à investir ont appelés une réflexion, une méditation afin d’exprimer par les tracés l’essence et la matière même des cercles. Les fragments dessinés devaient évoquer l’espace au delà des murs dans un ensemble beaucoup plus vaste.
Pour l’intervention à l’extérieur nous avons travaillé avec un autre matériau : le charbon. Avec celui-ci, Antoine a dessiné un cercle mais contrairement à l’intervention à l’intérieur, celui-ci n’a pas été évoqué par son dessin mais par son ombre : une vision en « négatif » du cercle. Chacun devait trouver sa position au sein du cercle, de notre sphère en matérialisant sa présence symbolique par son ombre, en travaillant avec une des composantes essentielles de notre projet, le temps. En effet, le soleil, dans sa course est un guide pour matérialiser son ombre, mais très vite celle-ci devient fausse, il ne reste que le souvenir de son passage : ce qui nous renvoi encore une fois à notre propre condition humaine, notre impermanence.
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